Côte d'Ivoire
Le CCOMS collabore avec l’hôpital psychiatrique de Bouaké depuis la visite du pôle de santé mentale situé à l’Est de Lille par le professeur Koua Asseman Médard en 2018, aujourd’hui directeur coordinateur du Programme National de Santé Mentale (PNSM) de Côte d’Ivoire. Professeur Koua avait constaté à quel point l’approche communautaire de la santé mentale du 59G21 était celle qu’il souhaitait voir se développer dans son pays. Une mission exploratoire, financée par la DGOS, put alors se mettre en place et se concrétiser en 2021 permettant de formuler conjointement des propositions d’actions à mette en œuvre.
En 2022, l’enquête Santé Mentale en Population Générale – images et réalités (SMPG), a été effectuée dans l’optique de mieux comprendre les enjeux socioculturels et les ressources en lien avec la santé mentale et la psychiatrie ainsi que d’avoir une estimation épidémiologique de la prévalence de troubles psychiques à Bouaké. Pour ce faire, le CCOMS a formé, en partenariat avec l’hôpital psychiatrique de Bingerville et le PNSM, 33 enquêteurs pour la passation de 926 questionnaires. L’objectif principal visait l’amélioration des données de santé mentale du pays et pour appuyer la mise en œuvre du système de santé mentale publique.
La mission de juin 2023 regroupait plusieurs objectifs, dont le renforcement du jumelage international entre les villes de Bouaké et de Villeneuve-sur-Lot ainsi que la création d’un Conseil Communal de Santé Mentale (CCSM ; équivalent des Conseils Locaux de Santé Mentale en France). Des observations QualityRights ont également été réalisées à l’Hôpital Psychiatrique de Bouaké (HPB), à l’Association Saint-Camille (ASCLL) et au Camp de Prière de Béthel (CPB), trois sites prenant en charge les personnes vivant avec des troubles psychiques, ou en situation de handicap psychosocial, intellectuel ou cognitif. Les observations QualityRights, la création du CCSM et le volet santé mentale du jumelage entre les villes de Bouaké et Villeneuve-sur-Lot ont permis d’analyser les forces et les faiblesses des pratiques soignantes afin d’identifier des facteurs d’amélioration, à la fois au sein des structures comme dans la communauté grâce au rôle du CCSM en matière de politiques locales et d’actions de promotion et de prévention en santé mentale.
En novembre 2024 ont été organisés en partenariat avec l’hôpital psychiatrique et la Mairie de Bouaké différents modules de formation adaptés au contexte local, dont la formation à la Gestion, l’Accompagnement et la Prévention de Situation d’Agressivité en santé mentale (GAPSA) créée par l’EPSM Lille Métropole, une formation au Conseil Local de Santé Mentale et une journée de sensibilisation aux droits des usagers.
Le CCOMS accompagne également la reconfiguration de l’offre de soins sur le Grand Abidjan. En 2023, Dr Roelandt a été mandaté par l’AFD pour apporter une expertise technique sur la restructuration de l’hôpital psychiatrique de Bingerville afin d’appuyer la mise en œuvre d’un système de santé mentale communautaire.
Dans la continuité des actions menées à Bouaké et afin de compléter les premières données en santé mentale du pays, l’enquête SMPG a été organisée du 13 septembre au 03 octobre 2024 sur le territoire du Grand Abidjan en collaboration avec Expertise France. La mobilisation de 42 enquêteurs et d’une équipe d'encadrants a permis de recueillir 1889 questionnaires issus d’un échantillon représentatif de la population. Comme à Bouaké, l’enjeu est d’identifier les besoins réels et d’élaborer à partir de ceux-ci des stratégies efficaces de santé mentale publique. Lire le rapport réalisé par le Programme National de Santé Mentale (PNSM) de Côte d’Ivoire réalisé à l'occasion de la journée mondiale de prévention du suicide, lors de laquelle l’enquête a été officiellement lancée.
Burkina Faso
De août 2019 à septembre 2022, le CCOMS a mené, en collaboration avec Expertise France, le projet "Santé mentale au Burkina Faso". Les actions du projet ont été les suivantes : participation à l’élaboration du plan santé mentale 2020-2024, étude épidémiologique santé mentale en population générale (SMPG), observation d’un service de psychiatrie avec le programme Quality Rights, création de trois conseils communaux de santé mentale (CCSM, sur le modèle des CLSM français), formation des acteurs de santé primaire au module mhGAP, formation des personnels soignants aux psychotraumatismes.
Lors de la semaine de capitalisation et de clôture du projet, qui s’est tenue du 20 au 24 juin 2022 à Ouagadougou, les acteurs – locaux, nationaux, internationaux – présents auront pu faire le constat d’actions pertinentes et en adéquation avec les objectifs initialement fixés. L’enquête SMPG aura montré l’importante prévalence des troubles psychiques dans un pays marqué par la menace terroriste. De là découle aussi la pertinence d’une formation aux psychotraumatismes et à leur prise en charge (réalisée par le Dr Philippe Raynaud), qui a fait l’objet de deux actions du projet, et d’un accent mis sur la réhabilitation psychosociale, comme a pu le montrer le Dr Nicolas Frank. L’observation Quality Rights, de même que l’aide à la création de trois CCSM, auront quant à eux souligné l’importance d’une plus grande implication des pouvoirs publics dans le domaine de la santé mentale.
C’est la nécessité d’une action coordonnée au niveau régional, mais aussi d’une extension des actions du CCOMS et d’Expertise France à d’autres pays de la région, qui auront marqué cette semaine de capitalisation et de clôture. Ce fut l’objet de l’« appel de Ouagadougou », signé le 24 juin par les six pays invités, qui enjoint leurs pays respectifs à initier et soutenir des actions ambitieuses en santé mentale, et le CCOMS et Expertise France à prolonger leurs actions - notamment l’enquête SMPG - dans d’autres pays de la région.
L’année 2023 a vu les coopérations initiées avec le projet "Santé mentale au Burkina Faso" s’arrêter pour des raisons géo politiques. On notera néanmoins un lien continu entre les usagers du CLSM de Bordeaux et l’association Sainte famille à Bobo Diolasso et des actions de santé mentale mises en œuvre par la société civile à Ouagadougou. Le lien entre les acteurs de terrain, la Ville et l’hôpital du Vinatier de Lyon persiste également.
Téléchargez ici la plaquette avec les résultats du projet.
Tunisie
Le Dr Roelandt, dans le cadre d’une demande d’intervention faite par l’OMS au titre de son expertise internationale, a participé à l’élaboration du plan national pluri sectoriel en santé mentale de la Tunisie. Plan remis au ministre de la santé le 15 décembre 2023.
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